Le camion avance. C'est un gros semi-remorque. Sa cheminée latérale
tousse un gros nuage de fumée noir. Quelle pollution !
Le camion freine dans un bruit strident qui fait mal aux dents. Ses coussins
d'air font pshitt. J'aime bien les camions qui font pshitt en manœuvrant.
Le camion recule. Pas facile de manœuvrer un semi-remorque. C'est un
travail de spécialiste. Il ne faut pas se rater pour placer l'arrière de la
remorque juste en face de la plage de débarquement des marchandises. J'ai
toujours été très admiratif de ces acrobates du volant.
Il n'y a pas que sa fumée noire qui pue. Il y a aussi ce qu'il transporte. Ça
grogne là-dedans. C'est un convoi de cochons. Comment vont-ils les faire
sortir en bon ordre ? Cela me paraît impossible. Ces grognements, ces
odeurs de porcherie surmenée, c'est infernal. Finalement, le mieux placé,
c'est encore le chauffeur. Je plains celui qui va faire sortir le bétail. Ils doivent
être énervés, les cochons, après tous ces kilomètres, cette promiscuité,
toutes ces engueulades qu'il doivent s'envoyer après chaque virage trop
serré et chaque nid de poule mal comblé. C'est vraiment une vie de cochon !
L'homme chargé de les faire descendre et de les canaliser jusqu'à l’enclos ad
hoc est un vrai pro. Il sait parler à ces porcs. Ses ordres fusent.
Lorsque le dernier est sorti, il ne reste plus qu'une dizaine de caisses au fond
de la remorque.
C'est la livraison de cocaïne.
Comme d’habitude.
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