— Je viens de tuer ma femme.
— Très bien. Enfin, je veux dire d'accord. Heu ! Il y a longtemps ?
— Ça vient de se faire, je vous dis. Vous écoutez quand on vous parle ?
— C’est moi qui pose les questions, monsieur le tueur. Quelle heure était-il ?
Non, pardon, je veux dire : nom, prénom, âge, profession, adresse.
— Martin, Jacques, 52 ans, sans profession, rue Proust.
— Où cela s'est-il passé ?
— Au Morez-dessus.
— Morez-dessus ou Haut de Morez ? Sur le puits ou Villedieu ? Soyez
précis, monsieur Martin.
— Morez-dessus, je vous dis. Près du cimetière. J'ai pensé qu'elle serait plus
proche de sa dernière demeure.
— Stagiaire Planton, que se passe-t-il ?
— C’est Monsieur, Monsieur le commissaire, il dit qu'il vient de tuer sa
femme. Il est venu faire sa déposition. J'utilise le formulaire POL 36 2CH ou
POL 3 14 116 TP ?
— Cela dépend, Planton, s’il avait une bonne raison ou si l'acte est
entièrement gratuit. S'il s'agissait d'une vraie emmerdeuse, je vous conseille
de noter sa déposition sur papier libre. Dans le cas contraire, utilisez du
papier à rayures.
— Elle est bien bonne, celle-là, commissaire.
— Avez-vous passé les menottes au prévenu ?
— Il n'y en a plus, monsieur le commissaire. Manque de crédits.
— Bon, écoutez Martin, c'est bon pour cette fois. Mais n'y revenez plus.
— Merci commissaire. À bientôt !
— Vous le laissez partir, monsieur le commissaire ?
— Bah, c'est Martin ! Il est complètement fou. Il vient au moins une fois par
mois nous dire qu'il a tué sa femme. Enfin, ça vous a fait de l'exercice,
stagiaire Planton.
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